Vous pensez que le sport et les affaires ne sont pas liés ? Réfléchissez-y à deux fois.

Le biohacking désigne un ensemble de pratiques visant à optimiser votre santé et votre corps pour accroître vos performances. Cela ne concerne pas uniquement le sport, mais aussi d’autres aspects de votre vie. En plus d’un meilleur exercice physique, le biohacking touche également à la nutrition, à l’optimisation des performances du cerveau, à la régénération, et bien plus encore.

Nous nous sommes entretenus avec Bonnie Dornhecker, une entraîneuse personnelle spécialisée dans l’accompagnement des personnes en quête de performance. Elle nous a expliqué comment l’intensification de l’activité physique et le choix judicieux de la méthode d’exercice peuvent faire toute la différence.

Comment la pratique du sport contribue à l’optimisation de votre cerveau

On dirait de la magie, n’est-ce pas ? Eh bien, le corps humain est magique, en quelque sorte !

Bonnie nous a expliqué que le principe du biohacking repose sur la neurogenèse, ou « la capacité de l’hippocampe (une zone du cerveau) à constituer de nouvelles cellules cérébrales ». Plus l’hippocampe est grand, mieux votre cerveau peut conserver des souvenirs et apprendre de nouvelles choses, à titre d’exemple.

Il faut savoir que l’hippocampe nécessite une quantité considérable d’oxygène et d’énergie pour fonctionner. Alors comment apporter plus d’oxygène à notre cerveau ? La réponse, comme Bonnie l’a déclaré en termes simples, c’est le sport ! Les exercices aérobiques maximisent le flux sanguin vers notre cerveau, a-t-elle précisé.

C’est pourquoi diverses études révèlent que les athlètes ont un meilleur flux sanguin et moins de lésions cérébrales au fil du temps par rapport aux personnes qui ne sont pas régulièrement actives. « Pour que le sang atteigne le cerveau, le cœur doit être fort », nous a confié Bonnie. Et pour cela, il faut faire de l’exercice régulièrement.

Ce qui nous a fascinés, selon Bonnie, c’est le fait que différents types de sports ont des effets différents sur le cerveau. « Différents types de sports activent différentes zones du cerveau », a-t-elle expliqué, et a détaillé le concept comme suit :

  • Les sports d’endurance aérobiques, dont la pratique peut varier, selon la forme physique, d’une simple promenade à un marathon, contribuent à la création de nouvelles cellules cérébrales par le biais de la neurogenèse. Lors d’un exercice aérobique, le volume de la matière grise de votre cerveau augmente, tout comme le nombre et la variété des synapses.
  • La musculation favorise le processus de raisonnement et la pensée complexe, car elle active le cortex frontal.
  • Certaines pratiques comme le yoga ou le tai-chi renforcent l’intégration du corps et de l’esprit et sont susceptibles de faciliter la gestion des émotions.
  • Les sports à mouvements complexes tels que le basket-ball ou le volley-ball contribuent à améliorer l’attention et le processus de tri des tâches, ce qui est tout à fait pertinent pour les postes de gestion et de direction.

Combien d’exercices doit-on faire régulièrement ?

Bien qu’il soit impossible de donner une réponse définitive à cette question, certaines directives peuvent vous aider à déterminer la quantité d’exercice que vous devriez faire.

L’Organisation mondiale de la santé recommande au moins 150 minutes d’activité physique modérée, ou 75 minutes d’activité intense par semaine. « En gros, une activité modérée signifie que l’on peut, pendant l’exercice, parler et discuter sans pour autant pouvoir chanter une chanson, tandis qu’une activité intense signifie simplement que l’on ne doit même pas être en mesure de parler », a expliqué Bonnie.

Bonnie a souligné que de nombreuses personnes qui se croient physiquement actives sont en réalité bien en dessous des recommandations en matière d’exercice physique. « Un employé de bureau ordinaire menant un style de vie passif en termes d’exercice est affecté négativement sur le plan de la santé », a-t-elle déclaré. Si vous faites de l’exercice une ou deux fois par semaine, vous adoptez plus ou moins un « mode de vie sain », mais ce n’est qu’en s’entraînant régulièrement 3 à 4 fois par semaine que l’on peut vraiment faire la différence, et c’est à partir de 5 fois par semaine que l’on obtient le maximum de bénéfices.

Une autre clé du succès est la variation. En pratiquant différentes activités, telles que le yoga, la marche ou le tennis, vous bénéficiez des avantages supplémentaires de chaque type d’activité. Bonnie recommande par exemple une répartition basée sur trois séances de marche/course/cyclisme et deux séances de musculation par semaine.

Si la tentation est grande d’y aller à fond dès le départ, l’entraîneuse personnelle a mis en garde contre les dangers du surentraînement. L’excès d’exercice peut provoquer des blessures, de la fatigue et du stress, ce qui va à l’encontre de l’objectif premier de l’exercice.

Comment commencer l’entraînement

Si vous êtes un entrepreneur débordé, il est possible que vous n’ayez pas le temps de pratiquer régulièrement la natation, la course à pied, le vélo ou la musculation. Le choix peut aussi se révéler très vaste et vous amener à vous entraîner de manière excessive ou désordonnée.

Bonnie a attiré l’attention sur l’importance d’évaluer votre état de santé actuel et vos capacités physiques en consultant un médecin et en examinant les fonctions et les capacités de votre corps avec un entraîneur personnel. Ainsi, vous éviterez de tomber dans l’excès et de subir des blessures.

 « La base de tout, c’est la respiration », a-t-elle expliqué. « Si vous ne respirez pas, l’oxygène ne pénètre pas dans le corps ». Une fois les techniques de respiration maîtrisées, vous pouvez évaluer les autres éléments de votre mobilité et renforcer la stabilité du tronc. « Dès lors, on apprend à pousser, à tirer, à se pencher et à s’étendre ! ». À ce stade, vous êtes à même de développer votre force, votre endurance, votre puissance et votre agilité.

Une autre erreur commise par beaucoup d’entrepreneurs débordés est de se procurer un tas d’équipements, de les utiliser chacun pendant quelques semaines, puis de les abandonner. « C’est un problème typique des personnes riches. Ils pensent qu’ils peuvent acheter la santé », a-t-elle déclaré en soupirant.

En réalité, vous n’avez pas besoin de tout un attirail pour vous lancer dans votre aventure sportive. Bonnie a recensé les éléments suivants comme étant des options intéressantes pour travailler l’ensemble du corps :

  • Un tapis
  • Une barre, des poids, un kettlebell pour faire un peu de musculation
  • Des bandes pour activer vos muscles
  • A Une corde à sauter ou un appareil d’exercice (rameur, vélo d’exercice) pour l’endurance

Bonnie a également révélé ses trois meilleures méthodes pour incorporer un exercice sain à une journée chargée. « Si vous avez une profession stressante et que vous ne dormez que quatre heures par nuit, ne faites pas d’entraînement par intervalles à haute intensité », a-t-elle imploré. « Cela exerce une pression sur votre système nerveux ».

Essayez plutôt l’une des méthodes suivantes :

  • Réunions de marche. Le cerveau fonctionne mieux en marchant plutôt qu’en restant assis, et cela compte comme un entraînement d’endurance aérobique.
  • La méthode Grease the Groove. Pour tirer le meilleur parti de votre journée de travail, il convient de prévoir des exercices pendant vos pauses. Des exercices courts, semblables à des jeux, sollicitent moins le système nerveux et peuvent produire d’excellents résultats. Si vous cherchez à faire des tractions, par exemple, essayez d’en faire quelques-unes le matin, d’autres à midi et d’autres encore le soir.
  • L’entraînement scientifique de 7 minutes. Popularisé par le Health & Fitness Journal de l’American College of Sports Medicine publié par le New York Times, il est composé de 12 exercices effectués pendant 30 secondes, séparés par 10 secondes de pause. Tous les mouvements fonctionnels de base du corps sont inclus : sauts, stabilité, poussées, tractions, etc.
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